
Je joue à recréer le monde pour nous amener à peut-être le voir avec un regard nouveau. Je puise mon matériau de base dans la condition humaine : l’amour, la mort, la perte et le désir, alors que mes couleurs émergent de la beauté et de la laideur, du sublime et du banal. Un geste, un mouvement, un trait dessiné dans le sable suffisent à initier le jeu et à nous entraîner sur le chemin d’un monde extraordinaire où la vie quotidienne est galvanisée, poétisée, ritualisée et spiritualisée, pour que nous puissions nous l’approprier, la garder au creux de la main, comme si nous regardions dans un miroir et que nous nous découvrions pour la première fois.
Biographie
Je suis né en 1953 à Winnipeg (Canada) de parents allemands. Mon père est ingénieur et ma mère, une artiste ayant étudié sous la direction du peintre allemand Reinhold Ewald. En 1956, notre famille déménage à Vancouver, ville dans laquelle j’ai grandis. Dès mon plus jeune âge, j’étais convaincu qu’un jour je deviendrais artiste et c’est ma mère qui m’a donné mes premières leçons d’art, en me répétant que si on est capable dessiner le corps humain, on peut tout dessiner. En 1971, je m’inscris donc aux Beaux-Arts de l’Université de Colombie Britannique. En 1973, je pars explorer l’Europe. Rome, Athènes, Paris et Vienne m’inspirent à tel point qu’en 1974 je décide de m’installer à Vienne pour étudier l’art. De retour au Canada en 1975, je passe une année aux Beaux-Arts de l’Université de Winnipeg pour ensuite retourner à Vancouver, où en 1979, j’obtiens mon diplôme de Professorat d’Art sous la direction du célèbre artiste canadien Gordon Smith.
Toutefois, un avenir dans l’éducation nationale ne m’emballe pas vraiment et je change de cap, pour me tourner vers le dessin industriel. Je finis donc par travailler pour plusieurs sociétés d’ingénierie à Vancouver. C’est alors que débute une longue période de travail entrecoupée de phases de peinture et de voyages. Au début des années 80, le travail de dessinateur industriel se fait rare et bien que je sois tout le temps fauché, je décide de dévouer pratiquement tout mon temps à mon travail d’artiste. Cependant cette période s’avère frustrante, bien que je fasse d’importants progrès sur le plan technique en améliorant ma maîtrise du dessin et de la peinture, je me sens coincé et prends conscience du fait que ma direction artistique est dans une véritable impasse. C’est à ce moment-là, que je me suis essentiellement tourné vers le dessin pour trouver la source de ma créativité. Mes images, entièrement dérivées de mon imagination, commencent soudain à évoluer ; d’une représentation esthétique minimale et primitive, elles se transforment en une représentation des êtres et de leur environnement, imprégnée d’une forte sensibilité poétique. Au printemps 1988, lors d’un voyage en France où je vais rendre visite à ma future épouse Nadine, j’ai une vision d’elle avec «un palmier qui pousse sur le haut de sa tête ». Cette vision est un véritable déclic, elle déclenche un lien entre l’individu et son environnement et c’est cette connexion essentielle entre les êtres humains et la terre qui sert de base à ma renaissance artistique.
Une fois de plus, je me remets à travailler à temps plein et l’année suivante, Nadine et son jeune fils Vladik, viennent me rejoindre à Vancouver où nous nous marions en 1990. Nadine, qui depuis cette vision est devenue ma muse, m’apporte son soutien inébranlable ainsi que tout son encouragement. Notre fille Sasha naît en 1994 et je célèbre ma félicité familiale dessin après dessin. Malgré les distractions familiales et professionnelles, les résultats engendrés par l’impact de cette vision, qui date maintenant de quelques années, portent tranquillement leurs fruits. C’est à cette époque que je me mets à sculpter des personnages dans le papier, dont les silhouettes bien caractéristiques représentent, à partir de ce moment-là, la base de tout mon travail. La création incessante de ces collages finit par devenir le principe fondamental sur lequel repose la singularité et l’originalité de mon œuvre artistique. En 1998, une exposition entièrement dédiée à ces collages vient couronner mes efforts. C’est malheureusement à cette même époque, que notre fils Vladik est victime d’un cancer dont il décèdera quatre ans plus tard, nous plongeant tous dans une longue et douloureuse période de deuil.
Au sortir de cet abîme, la vie reprend tout doucement le dessus. C’est à cette époque que va débuter la phase créative la plus intense de ma carrière qui aboutira à l’invention d’une nouvelle façon de peindre originale. En combinant mes découvertes, tant au niveau du dessin qu’à celui du collage, les silhouettes qui jusque là étaient étroitement associées au plan terrestre deviennent alors également des esprits, sans pour autant perdre leur nature physique terrestre. En 2005, le succès remporté lors d’une exposition de peintures à l’huile de grands formats, met en évidence la maîtrise de mon mode d’expression ainsi que ma maturité artistique. Depuis, mes peintures ne cessent de refléter cette originalité qui attire de plus en plus l’attention de collectionneurs aussi bien locaux, qu’internationaux.